KAOLUNE LA CARRIÈRE SAINT-GEORGES

Ouverture

Ouvert toute l'année

Descriptif

Bienvenue sur le site de lecture du paysage de la Carrière Saint-Georges !
Aménagé par la Communauté de Communes de la Haute-Saintonge en 2015, ce sentier de découverte offre différentes clés de lecture d’un paysage pour le moins surprenant qui est aussi un lieu de mémoire économique, marqueur important de notre territoire.
Situé en pleine nature, il a été largement façonné par la main de l’homme du fait de l’exploitation de deux richesses locales : la forêt et l’argile.

Nous sommes ici au cœur du massif forestier de la Double Saintongeaise qui couvre le canton des trois monts (Montendre, Montlieu-la-Garde et Montguyon). Peuplé essentiellement de pins maritimes, il s’étale sur 30 000 hectares.

Nous sommes aussi dans le bassin argilier des Charentes, délimité au nord par Barbezieux (16), au sud par Coutras (33), à l’ouest par Montendre et à l’Est par Chalais (16). Partie intégrante du vaste bassin argilier d’Aquitaine, il se caractérise par la présence d’argile kaolinique d’une grande pureté minéralogique, très fine, riche en alumine, un produit rare et de qualité offrant de nombreux débouchés industriels.
Carte du bassin argilier des Charentes.

Oued africain, oasis du Sahara, lagon des Caraïbes ?
Ce paysage de Haute-Saintonge qui s’offre à vous est pour le moins « dépaysant ».
La Saintonge boisée est un vaste plateau, incliné vers le sud-ouest dont l’altitude varie de 50 à 150 m. Elle est parcourue dans sa partie sud par les vallées (orientées Nord/Sud) du Lary et du Palais. Elle se caractérise par des sols pauvres, acides et souvent hydromorphes.
Constituée à l’origine d’un boisement de feuillus peu productifs (taillis de châtaigniers, futaies de chênes pédonculés, chênes tauzin, charmes et noisetiers) et de landes humides insalubres (bouleaux verruqueux), elle se métamorphose au XIXème grâce à l’arrivée de la sylviculture et du pin maritime qui représente aujourd’hui près de 70% des peuplements.

Parsemée de lacs bleus
À vos pieds se trouve la plus ancienne carrière d’extraction d’argile de la région. Baptisée carrière Saint-Georges dans les années 60, son exploitation a débuté en 1910 et durera jusqu’en 2014 dans sa partie sud-est. Durant ce dernier siècle, l’exploitation de l’argile a laissé des traces dans le paysage, notamment ces merveilleux lacs bleus.
Le ciel en se reflétant sur l’eau donne à ces lacs artificiels une teinte bleutée dont les nuances varient selon la profondeur, le développement de la vie aquatique, la météo. L'absence de faune ou de flore propre à la période qui suit l'arrêt de l'exploitation donne un bleu profond traduisant une eau limpide, pure, un milieu très jeune où l’acidité freine le développement de toute forme de vie. Ce bleu virera sur le turquoise et le vert dès que bactéries ou algues auront colonisé les eaux, les matières en suspension absorbant alors la lumière.

Un site en éternel devenir.
La nature et l’homme poursuivent la sculpture du paysage.
Le sol saturé en eau et composé principalement de sable et d’argile, est particulièrement malléable et mouvant, les ravinements y sont quelques fois spectaculaires créant de petits canyons. Au gré du chemin vous pourrez découvrir des minis cheminées de fée, des petits deltas, la sédimentation à l’œuvre…
L’homme, préoccupé aujourd’hui par la valorisation des ressources énergétiques locales, a pour projet de créer une ferme photovoltaïque sur les zones remblayées et bien exposées et de développer la filière bois-énergie dans sa partie forestière.

Le site emblématique de la carrière Saint-Georges
La carrière Saint-Georges
Depuis l’Antiquité, l’argile saintongeaise a été exploitée, mais ce n’est qu’au XIXème qu’un célèbre maître-faïencier bordelais, Jules Vieillard remarquera sa qualité et contribuera à asseoir sa notoriété internationale. Mises en tonneaux, ces argiles étaient transportées à Guîtres et chargées sur des embarcations vers Bordeaux, lieu de leur transformation.
Les lentilles blanches du bassin des Charentes étaient jusque-là exploitées en petite quantité, mises au jour fortuitement à l’occasion de différents travaux.
C’est en 1910 que va débuter son exploitation industrielle avec la découverte de ce gisement sous des sables et graves, par Paul Granger (le « G », d’AGS). Estimé à 15 000 tonnes à l’époque, ce sont plus de 2 500 000 t d’argile blanche qui en seront extraites, sur une superficie totale de 84 hectares durant une centaine d’années (fin de l’exploitation : été 2013). Il demeure un second plan d’eau situé à quelques centaines de mètres au sud mais le reste du site a pu être remblayé avec la couche de terre végétale et les stériles (parties qui ne contiennent pas de matière exploitable) puis replantées de pins maritimes.

La naissance d’une puissante industrie
Après la découverte de ce premier site d’importance, la recherche des gisements s’organise, plusieurs sociétés s’installent dans le bassin des Charentes. Armées de pelles et de pioches des générations de carriers vont creuser, trier les différentes qualités d’argile, remplir et treuiller des wagonnets, un dur labeur remplacé aujourd’hui par la dextérité des conducteurs d’engins aux commandes des pelles hydrauliques et des dumpers.
Les Saintongeais se révéleront particulièrement innovants, mettant au point des technologies qui se généraliseront à l’ensemble des argiliers français.
Face à la concurrence internationale, les sociétés d’exploitation locales fusionnent et regroupent leurs savoir-faire. L’ Argirec (1946) et la Sogdar (1931) rejoignent la société Granger pour former, à Clérac, l’ AGS en 1969. Aujourd’hui devenue IRMC, filiale du groupe Imerys depuis 2006, est le leader européen pour la production d’argiles calcinées et de chamotte.

L’argile kaolinique : extraction, transformation et produits
L’argile du bassin des Charentes
Les argiles sont de fines particules de matière, détachées de roches dures par l’érosion. La roche mère du bassin des Charentes est une roche granitique qui provient du massif central (formée à l’ère Tertiaire). Au fil du temps, elles ont été transportées par le vent ou l’eau, sous forme de limon ou de vase. Les dépôts ont sédimenté pour former une roche argileuse (à l’Eocène inférieur, il y a 45 millions d’années.)
Le kaolin
Le terme « Kaolin » provient du chinois Kao-ling, du nom du premier gisement de kaolin connu en Chine. C’est une argile généralement blanchâtre, d’une grande finesse, aux propriétés physiques et chimiques exceptionnelles par sa pureté minéralogique et sa richesse en alumine.
Photo lentille Annie- Schéma à reprendre (PP AGS, le Cycle)
Une phase préalable à l’extraction de 3 ans minimum
L’exploitation est précédée de la recherche de gisements. Après les premières tarières à main qui permettaient de sonder à une profondeur de 10-15 mètres, les sondeuses à moteur des années 1950/1960 qui descendaient jusqu’à 25 mètres, les carottages d’aujourd’hui explorent le sol jusqu’au socle calcaire. Ce travail permet de repérer les gisements, de mesurer leur extension géographique, leur épaisseur, leur volume et de déterminer la qualité de l’argile et ses utilisations futures. Après études des contraintes géographiques et environnementales, la rentabilité du projet définie et toutes les autorisations administratives obtenues, l’exploitation peut commencer.

Une fois avoir enlevé la couche de terre végétale et les stériles, sécurisé et aménagé le périmètre (voies d’accès, installations électriques, aménagement en gradins…), le prélèvement de l’argile débute à l’aide de pelles mécaniques. Elle est ensuite émottée à l’aide d’un déchiqueteur et stockée sur des aires aménagées, à proximité des unités de fabrication.

La transformation
L’argile peut être vendue « à cru », sans aucun traitement, déchiquetée, broyée séchée ou encore micronisée (réduite en particules très fines.)
Elle est calcinée pour produire de la chamotte. Cette fabrication, nécessite une mise en forme du kaolin. Boulets ou boudins seront introduits et calcinés dans des fours rotatifs, à une température de 1 450°. Ce produit est surtout utilisé dans l’industrie du réfractaire.
La chamotte broyée et tamisée permettra d’obtenir des produits plus ou moins fins. La granulométrie est établie selon les besoins des différents clients.

Les produits
Station d’essai, laboratoire de recherche, formation constante de son personnel, permettent à IRMC de proposer une large gamme de produits. Les principaux secteurs industriels clients sont : les fabricants de produits réfractaires, de sanitaires et de carreaux, de matériaux de construction, la fonderie, la céramique et la faïence. Mais il existe de nombreux autres domaines où l’argile kaolinique est utilisée comme en biotechnologie, dans les élastomères, les plastiques, les colles et adhésifs, les engrais, l’alimentation animale…

La coupe géologique
L’origine de ce gisement argileux remonte à l’Éocène, au début de l’ère Tertiaire, soit quelques 45 millions d’années avant notre ère.
A cette époque, la présence d’une zone deltaïque en bordure Nord-Est de la mer d’Aquitaine, la prédominance d’un climat chaud et humide de type tropical, l’existence de reliefs structuraux associés aux calcaires ont été les facteurs déterminants de la création du bassin des Charentes, donnant naissance à un processus géologique unique en Europe.
Ces argiles kaoliniques sont plus connues en Haute-Saintonge sous le vocable « terre blanche »

La Forêt
Caractérisé par des sols pauvres, acides et souvent hydromorphes, le boisement patrimonial de la Double Saintongeaise est constitué de feuillus peu productifs.
L’exploitation forestière débutera vers 1830 avec la création de la société d’agriculture de l’arrondissement de Jonzac et les débuts de la sylviculture. Pour répondre à une forte demande en poteaux pour les mines, de vastes étendues seront drainées et semées ou plantées de pins maritimes. Peu adapté aux sols lessivés du massif, le pin va pourtant y prospérer. Cette colonisation se renforcera à la fin du XIXème avec l’activité du gemmage et l’installation de distilleries de résine à Saint-Aigulin et à Clérac. Dans les années 1970, la sylviculture moderne se développe, les billes de pin sont alors exploitées pour le bois d’œuvre, la construction, les palettes, l’industrie papetière et de trituration. De nombreuses scieries voient le jour à l’origine de toute une filière bois créatrice d’emplois.
Les autres peuplements
Chez les feuillus, le Chêne (pédonculé, sessile ou tauzin) représente près du quart de la surface boisée. Résistant, il est utilisé en bois d’œuvre, pour la fabrication de tonneaux, des charpentes, des parquets, le chauffage des particuliers. Le châtaignier, utilisé localement pour les piquets de vigne est également présent sous forme de taillis.
Un milieu fragile en devenir
Incendies et cataclysme mettent à mal l’ensemble de la filière. L’ouragan Martin de 1999, détruira 90% des plantations de pins maritimes. Aujourd’hui entièrement replantée, la forêt de la Double Saintongeaise est jeune et à nouveau porteuse d’avenir, elle s’est mécanisée et utilise des techniques de préparation et de reboisement des parcelles plus performantes. Le développement de la filière bois-énergie offre un nouveau débouché pour les rémanents (souches, les jeunes arbres issus des éclaircies, les bois calcinés par les incendies…)

L’action continue de la nature (au pied du front de taille- pupitre) :
Ce milieu naturel en reconquête permet l’observation en modèles réduits de différentes formes d’érosion. La végétation n’ayant pas encore totalement colonisé les lieux, les sols à nu sont particulièrement sensibles à l’action de l’eau, du vent, de la gravité.
Les ravinements
À la vue de l’importance des ravinements, on comprend pourquoi l’homme a procédé dans cette région à la plantation massive d’arbres pour stabiliser et assainir les sols. Ces fossés, creusés par l’eau de ruissellement, forment par endroits de véritables petits canyons qui rappellent des paysages très connus des États-Unis.

Les cheminées de fée
Souvent majestueuses, aux formes surprenantes, les cheminées de fée, également appelées « demoiselles coiffées », sont des colonnes formées de strates de roches friables, le plus souvent sédimentaires, surmontées d’une roche plus dure qui « coiffe » et protège la colonne de l’érosion tandis que les couches fragiles environnantes non protégées disparaissent au fil du temps.
Elles ne sont pas rares sur le site, il suffit de bien observer le sol car elles ne dépassent pas quelques centimètres, rien à voir avec leurs grandes sœurs de la région de Cappadoce en Turquie ou leurs cousines « Hoodoos » du parc national de Bryce canyon aux États-Unis qui mesurent plusieurs dizaines de mètres.

Les deltas
Un delta est une forme d’embouchure de cours d’eau qui se divise en plusieurs bras avant de rejoindre un lac ou le milieu marin. Le cours d’eau est encombré de débris qui freinent son écoulement naturel, des milieux marécageux où se déposent les alluvions se forment entre les bras.
Ils sont plus ou moins visibles autour du lac de la carrière, selon les saisons et la présence de l’eau, mais ils laissent leur empreinte caractéristique en forme de delta dans le sol toute l’année.
Après la pluie, on distingue, à l’embouchure des phénomènes de sédimentation. Les particules d’argile drainées par l’eau de ruissellement brouillent la clarté du lac, elles vont s’y déposer et former de nouvelles strates.

Un site reconverti et en devenir
Une obligation environnementale
Fermé à l’exploitation argilière en 2014, l’ensemble du site a été réaménagé par l’exploitant, c’est une obligation en matière de protection de l’environnement. Ainsi, il a été procédé à la plantation de pins maritimes afin de stabiliser les sols, mais aussi à la réintroduction de la flore d’origine (ajonc, genêt, bruyère cendrée, callune… )
L’arrêt de l’activité humaine permet le retour naturel de la faune. Elle peut même être rare comme le guêpier d’Europe, un joli petit oiseau, qui a récemment élu domicile en haut des fronts de taille du lac tout proche du Ramard de Messant.
Dans le sol meuble vous pourrez également observer de nombreuses traces du monde animal venu se rafraîchir dans le lac, notamment leurs empreintes. Pour les passionnés, quatre caractéristiques vous guideront pour les reconnaître, la présence de pelotes (renard, blaireau…), de sabots (cerf, chevreuil, sanglier…), de mains (écureuil, musaraigne, hérisson…), de doigts (oiseaux…).

Une ferme photovoltaïque
Initié par la Communauté de Communes de Haute-Saintonge et porté par un opérateur privé, ce projet comprend l’implantation de panneaux solaires sur une superficie de 18 hectares. Le potentiel de production d’énergie de cette centrale est estimé à environ 14 064 MWh/an. Sa mise en service éviterait l’émission de 4 220 tonnes de CO2 par an.
Ce Parc photovoltaïque est prévu sur la partie plane du site, au Nord-ouest.
Le bois énergie
Dans le cadre du développement des énergies renouvelables, la Communauté de communes étudie le potentiel en bois énergie de la partie forestière du site (entretien des taillis, bois morts, souches, rémanents…)
Poursuite de l’aménagement touristique
Des boucles de randonnée viendront prochainement compléter ce parcours, en direction du lac du Ramars de Messant.

Il existe à proximité, deux autres parcours aménagés dans d’anciennes carrières d’argile que nous vous invitons à découvrir, il s’agit des étangs de Touvérac (16), et du sentier de découverte de l’argile de Guizengeard (16).
Profitez également de votre séjour en Saintonge boisée pour découvrir nos sites communautaires de la Maison de la Forêt à Montlieu-la-Garde, du Pôle mécanique et des véhicules du futur de la-Genétouze et de celui de Mysterra le Parc des Labyrinthes à Montendre.

Consignes de sécurité et respect de l’environnement
Restez sur le cheminement, ce lieu présente des dangers de chutes et d’enlisements dus à la présence de sables mouvants. Situé en milieu naturel, il est également fragile. Merci de respecter l’ensemble de ces prescriptions.

Visite libre gratuite tous les jours en juillet et en août de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h et visite guidée tous les jeudis du 12 juillet au 30 août à 10h30 et à 15h.

Renseignements en été : 07 88 75 21 79 ou
Pour les groupes, possibilité de visite toute l’année : 05 46 04 43 67
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