Forges
L'église est dédiée à Saint Laurent comme l'atteste certains documents tel un « pouillé » datant de 1401 en la citant : « Sancti Laurentii de Forgiis » prieuré cure. C'est un édifice Roman du commencement du XIVe siècle. La façade Romane est surmontée d'un modeste campanile percé d'une baie dans laquelle est placée la cloche. Cette façade est partagée en 9 compartiments par des colonnes/contreforts, 2 corniches et une moulure nue qui prolonge les tailloirs des chapiteaux du portail. Celui-ci est à 3 voussures nues ; 2 chapiteaux ornés de feuilles d'eau sont les seuls lisibles aujourd'hui. Si les modillons de la corniche supérieure sont nus, ceux de la corniche inférieure alignent un personnage protégé par un haut bouclier, 2 figures obscènes et- 3 fois répétée- une paire d'oiseaux semblant piquer une tête humaine. A l'intérieur, la nef unique qui a perdu ses voûtes a été pourvue d'un chevet plat à la fin du XVe siècle et a vu ses murs éventrés par d'amples arcades pour communiquer avec des chapelles élevées probablement au siècle suivant. Cette nef conserve cependant 4 colonnes engagées sur dosserets dont les chapiteaux s'ornent d'animaux ou d'oiseaux dans des rinceaux d'entrelacs de feuillage à graminées, ou bien d'une scène curieuse où un personnage chevauche et tire les moustaches d'un quadrupède à tête humaine, tandis qu'un autre maîtrise un lion qui se retourne pour lui mordre la cuisse. Quelques vestiges de l'ancienne corniche romane sont visibles dans la chapelle sud. Les bâtiments de l'ancien prieuré s'étendaient au nord de l'église, aujourd'hui ils sont occupés par la crèche parentale « Les Bambins d'Aunis » depuis 1984 suite à une décision du Conseil Municipal sous la présidence de son Maire de l’époque, M Raymond Soubilleau. Concernant le mobilier, les chapelles étaient jadis dédiées à la vierge et à St Blaise. Chacune avait un petit retable en 1712. Dans la nef centrale on peut y voir une toile du « martyre de St Laurent » peinte par Dagescy Bernard (1756/1829), peintre Niortais du XIXe siècle. Ce tableau fut envoyé de Paris par Monseigneur de Pont de Mandroux qui en a fait présent le 9 Aout 1781. La toile est inscrite à l’inventaire des objets mobiliers par arrêté du 21 septembre 1984. L'ornementation actuelle de l'église est l’œuvre de 2 curés : - L'abbé Jean-Baptiste Ganivet fut prêtre en la paroisse de 1865 à 1897 soit 32 ans au service de l'église St Laurent. Il déploya beaucoup d'énergie et de zèle pour la restauration de l'église. On lui doit les 3 autels en pierre, les statues et le chemin de croix. Il a sculpté lui-même le confessionnal et la galerie de la tribune. Il mourut à La Rochelle le 5 mai 1898 mais il est inhumé dans le cimetière de Forges (le long du mur nord). - C'est l'abbé Louis Sauvaget qui le remplaça de 1897 à 1903, on lui doit les fonds baptismaux et très probablement la sacristie ainsi que toute l'ornementation des grandes fêtes. Pour être complet, les autres statues polychromes (Jeanne d'Arc exceptée) ont été placées par l'abbé Jean Le Corvec en remplacement de statues plus anciennes détruites lors de la fin de la seconde guerre mondiale entre novembre 1944 et juin 1945. A une certaine période l'église était précédée d'un porche ou parvis où se tenaient les néophytes, ceux qui n'étaient pas encore baptisés, et les pénitents. La démolition de ce porche fut votée le 18 aout 1867 par le conseil municipal comme mentionné dans la délibération, « le dit porche occasionne des réunions qui font du tapage et troublent les fidèles dans l'église. » En 1774, une cloche fut offerte par le seigneur de Mandroux, tel en atteste un document de bénédiction. Elle a été nommée Jean-Marie. Le parrain était Jean messire De Pont, chevalier, conseiller du roi, seigneur de la paroisse. La marraine Dame Marie Madeleine Françoise l'Escureul de la Touche, représentée par Mr François Romieu, avocat au siège présidial de La Rochelle, sénéchal de la paroisse et Demoiselle Anne Catherine Antoinette Romieu, sa fille qui ont signé ladite bénédiction. Cette cloche fut remplacée et baptisée le 27 juillet 1919 par celle qui est en place actuellement, elle est baptisée Victoire, Jeanne, Marie, Georgette, sa marraine étant Mlle Marie Boutiron (marié Chollet) tel inscrit sur la cloche. L'église St Laurent de Forges est, comme les églises voisines, une véritable nécropole. Sous ses dalles reposent de nombreux ascendants de familles de notables de l'époque, une trentaine, répertoriés dans les registres paroissiaux à partir de 1659 jusqu'en 1774. Depuis 1610, les premiers registres paroissiaux ont permis de retracer un peu l'histoire de cet édifice au fil des siècles et d'évoquer les curés, Legrand, Ganivet, Sauvaget, Guillemeot qui ont œuvré à protéger l'église de Forges. Il faut aussi citer M et Mme Burgaud (instituteurs à Forges) qui ont consignés une grande partie de leurs connaissances dans la monographie communale édités en 1910, sans oublier l'abbé Yves Blomme pour son livre « Les églises d'Aunis » mais aussi beaucoup plus près de nous, un homme discret mais passionné, M Yves Bouyer qui a lui aussi collecté beaucoup d'informations lors de ses recherches auprès des différentes archives. Aujourd’hui l’église St Laurent a retrouvé son faste d’antan suite à un projet de rénovation globale (extérieurs et intérieurs) qui a débuté en Juillet 2022 pour se terminer en Avril 2026 grâce à l’engagement du Conseil Municipal de l’époque.
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