Taillebourg
Taillebourg est mentionné pour la première fois en 1007 sous la forme de Traillebrucense, puis en 1074 comme Tralliburgo. À noter qu'il existe en ancien français un terme « traille » attesté au 15e siècle et qui signifie « corde, câble pour haler un bateau », issu du latin tragula « espèce de javelot muni d'une courroie, herse, sorte de filet » Il semblerait que Taillebourg fut de tout temps un haut lieu de surveillance sur le fleuve et protégeait ainsi l’arrière pays des envahisseurs. La présence d’éléments de la fin du néolithique atteste une occupation humaine dès cette période de l’histoire. La terre de Taillebourg a ensuite connu les envahisseurs Gaulois puis les Romains. C’est en 770 que Taillebourg prend de l’importance avec la visite de Charlemagne en Saintonge et la construction de sa première forteresse. Charlemagne aurait dormi à Taillebourg lors de sa campagne contre les Sarrazins. Peu après, les Normands venus de Scandinavie dévastent à plusieurs reprises la région pour finalement être anéantis en 865 par les habitants, lors d’un combat entre Charente et Boutonne. Chef-lieu de Comté, Taillebourg avait au Moyen Age un statut de ville. Taillebourg se caractérise par un développement linéaire de l’habitat, partant du fleuve Charente et se poursuivant vers un plateau. Plusieurs ensembles continus s’articulent les uns avec les autres par l’intermédiaire de places. Le cœur du bourg est incarné par une place centrale proposant une respiration au point de jonction avec le parc du château et un axe de développement secondaire. Son bâti est très dense et aggloméré à l’aplomb de la rue. Caractéristique des villages anciens, ses parcelles le long des axes principaux sont étroites et profondes. De ce fait, Taillebourg fait partie des villages inclassables car il s’organise de façon très particulière par rapport à la géographie du site et à son histoire riche, dont il a pu préserver des éléments architecturaux qui lui confère une grande qualité. Historiquement et socialement, le village peut être découpé en trois entités aux fonctions bien différentes et qui, aujourd’hui, se trouvent beaucoup moins affirmées : le quartier des pêcheurs, l’îlot en contrebas du bourg et en bordure de la Charente, où résidaient autrefois la corporation des pêcheurs. D’ailleurs, une des rues de ce quartier porte le nom de Rue des Pêcheurs. La place bordée d’arbres porte, quant à elle, le nom de Place Saint-Louis, en rapport avec l’ancien pont de Taillebourg devenu célèbre pour la fameuse bataille gagnée par saint Louis en juillet 1242 sur Henri 3 d'Angleterre. Le village bas, englobe l’enceinte du château et la rue Aliénor d’Aquitaine jusqu’à la place du Marché, où vivait une population d’artisans et de commerçants. La rue Aliénor d’Aquitaine évoque le fait que lors de son mariage avec Louis 7, celle-ci aurait passé sa nuit de noce au château de Taillebourg. Le village haut, qui s’étend de la place du marché jusqu’à la limite nord du village, accueillait autrefois les notables. La principale rue du bourg, la rue Aliénor d’Aquitaine, s’est densifiée au cours du 18e siècle, pour atteindre sa densité actuelle. Le quartier des pêcheurs est celui qui s’est le moins urbanisé, probablement à cause des contraintes liées au fleuve Charente. On remarque sur les façades des maisons de cette rue de nombreux détails d’architecture : sculptures, dates et inscriptions, bandeaux, corniches, encadrements de portes moulurés, ouvertures cintrées, etc.
| Gratuit |
INSPIRATION