Bec Salé
Avez-vous toujours souhaité devenir saunier ? La profession de saunier représente pour moi une reconversion professionnelle, un métier découvert durant mon enfance sur l’île de Noirmoutier, en Vendée. Ces premières observations m’ont profondément marqué. Avant cela, j’ai exercé pendant 17 ans en tant qu’agent immobilier, menant ainsi une partie significative de ma carrière dans ce secteur. Quand et comment avez-vous débuté dans ce métier ? Suite à la crise liée au Covid-19, j’ai eu l’opportunité de me réorienter professionnellement. Cette transition m’a permis de suivre une formation de deux ans en tant que saunier sur l’île d’Oléron, auprès d’un couple de sauniers installé depuis une dizaine d’années. Parallèlement à cette formation, j’ai recherché un marais à réhabiliter, avec le soutien de la communauté de communes de l’île d’Oléron. Près d’un an de travaux, incluant trois mois de pelleteuse, a été nécessaire pour restaurer le marais de la Petite Enclouse, situé à Sauzelle, sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron. Actuellement à ma troisième saison de production, je fabrique du gros sel et de la fleur de sel, et je m’efforce cette année de diversifier mon activité par la culture de salicorne. Qu’est-ce qui vous plaît le plus et quelle est votre spécialité ? Ce qui me plaît le plus dans ce métier est tout d’abord de travailler en plein air, en exerçant une activité porteuse de sens qui remonte à près de mille ans sur l’île d’Oléron. Il s’agit d’un savoir-faire ancestral qui permet de renouer avec des gestes du passé tout en s’inscrivant dans une perspective d’avenir, étant donné le besoin persistant de sel et de fleur de sel. Ce métier revêt également un sens particulier par la possibilité d’habiter et de façonner le paysage : en tant que saunier, à l’instar du paysan ou de l’agriculteur, on participe pleinement à l’identité du territoire. Enfin, il contribue à préserver le charme de l’île grâce à l’entretien des paysages.
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