CHAPELLE NOTRE DAME

Ouverture

Ouvert toute l'année

Descriptif

Cette chapelle renferme les gisants des seigneurs de la Villatte au XVIème siècle
Le décor de style Nazaréen a été peint à la fin du XIXe siècle, vers 1887, par Alexandre-Félix Périn.
L'ensemble de la chapelle, y compris son décor peint du XIXe siècle, a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 28 octobre 1996.

Commentaire historique : Cette chapelle, située à une cinquantaine de mètres du prieuré Saint-Benoît, renferme les gisants de François de Pontbriand et son épouse Mathive Formier sous un enfeu cerné d'une cordelière franciscaine. François de Pontbriand, seigneur de la Villatte, fit édifier ce tombeau en pierre de Pressac à la fin du XVe siècle. Décédé en 1521, François de Pontbriand sera finalement inhumé à Notre-Dame de Cléry. Il semble bien que Mathive Formier ait été enterrée dans ce caveau. La date de 1522 aurait été inscrite sur la grille qui ferme l'entrée de la chapelle.
La chapelle a été partiellement détruite au cours des guerres de religion.
Le tombeau aurait été violé en 1793 et on y aurait retrouvé deux grands cercueils et un plus petit.
Au-dessus de la porte d'entrée de la chapelle se lit la date 1820, date probable de travaux avec les initiales LF et FP.
Le décor a été peint à la fin du XIXe siècle, vers 1887, par Alexandre-Félix Périn. La date de 1890, sur le mur ouest de la nef, mentionne la fin de ces travaux. Ce décor s'organise autour du monogramme de la Vierge, couronné et surmonté des symboles des quatre évangélistes, peint sur la voûte au-dessus du choeur. Dans l'abside du choeur est représenté l'arbre de Jessé. Le décor, complexe, est décrit par ailleurs.
Des travaux sont réalisés sur la chapelle en 1890 et 1891. A l'occasion de ces travaux, l'abbé Fourgeaud, alors curé d'Ansac, signale la découverte par un maçon sur un mur intérieur de " trois blasons, placés sur une bande noire de 0,30 m environ ". En 1899, le conseil municipal réserve une somme de 109,69 francs pour " faire renouveler la couverture " de la chapelle Notre-Dame et de l'église Saint-Benoît.
L'ensemble de la chapelle, y compris son décor peint du XIXe siècle, a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 28 octobre 1996.
Un pèlerinage y a lieu chaque 8 septembre.
Datation(s) principale(s) : 15e siècle ; 16e siècle ; 19e siècle
Date(s) : 1522 ; 1820 ; 1890
Justification de la datation : porte la date
Auteur(s) : Périn Alexandre-Félix (peintre)
Justification de l'attribution : signature


Commentaire descriptif : L'église dite chapelle Notre-Dame est actuellement de plan plus ou moins rectangulaire, avec une nef et un bras de transept qui fait saillie au nord. A l'origine existait également un bras de transept vers le sud, ainsi qu'en atteste le départ d'une croisée d'ogive et un culot décoré à l'extérieur de l'actuel mur sud. Un bas-côté est accolé au bras de transept septentrional : le portail actuel est percé dans son mur nord. Une abside basse saillante est placée dans le prolongement de la nef. Elle est couverte en lauzes alors que la nef est couverte de tuiles creuses. Un clocher-mur, figuré au même emplacement sur le cadastre de 1826, somme le chevet et est surmonté d'une croix en pierre. Une statue de la Vierge est située dans la niche à l´emplacement habituel de la cloche. La partie nord-est du chevet est percée d'une fenêtre en cintre brisé au remplage flamboyant. Le mur sud de la nef est épaulé de quatre contreforts et éclairé de trois baies en plein cintre. La base des contreforts est en appareillage de granite alors que leur partie haute est en calcaire. Une baie murée au réseau trilobé a été replacée au sud du choeur, dans le mur qui a fermé l'ancien bras du transept. La nef a été surélevée : l'angle des murs sud et est montre un chaînage calcaire très régulier, peut-être en rapport avec les travaux de toiture de 1899. Les maçonneries sont enduites. Le portail est en arc brisé sommé d'un arc de recouvrement à crossettes. Une petite tête sculptée est incluse dans la maçonnerie à droite du portail. Sur la clef de voûte de ce dernier se distinguent un trèfle, une croix pattée et une fleur de lys. Le portail est surmonté du motif sculpté en calcaire d'une étoile à sept branches, motif que l'on retrouve sur certaines peintures à l'intérieur de la chapelle. Le mur nord garde la trace de deux contreforts : le premier est en partie noyé dans la maçonnerie de l'enfeu qui a été adjoint au bras nord du transept au tout début du XVIe siècle, le second est arasé mais reste lisible dans la maçonnerie du mur.
La nef est recouverte d'une voûte en brique peinte. Le sol de la nef est recouvert de tommettes en terre cuite et de trois rangées de carreaux de céramique décorée à la jonction de la nef et du choeur. Le choeur, séparé de la nef par une marche, est dallé. L'ensemble de la nef et du bas côté est orné d'un décor peint dû à Alexandre-Félix Périn et réalisé à partir 1887, achevé en 1890, dont le thème principal est la Vierge, représentée par son monogramme couronné et surmonté des symboles des quatre évangélistes, sur la voûte au-dessus du choeur, et l'arbre de Jessé peint dans l'abside du choeur. Ce décor, comme le mobilier, dont le maître-autel, fait l'objet d'une description détaillée en annexe de cette fiche et dans les dossiers de la base Palissy.
Des arcades en plein cintre séparent le bas côté nord de la nef. L'entrée actuelle se fait par une porte à encadrement en calcaire, surmontée du côté du choeur d'un décor intégré dans le programme de 1887-1890.
La chapelle installée dans le bras nord du transept est voûtée sur croisée d'ogives aux nervures toriques en granite reliées par une clef de voûte également en granite, formant un disque orné d'un quadrilobe. Elles reposent sur des culots en calcaire en forme de têtes humaines. Il devait en être de même pour le bras sud du transept, dont il subsiste un culot et le départ d'une croisée d'ogive, qui est différente de celle du transept nord, puisqu'elle est ici en calcaire.
L'enfeu avec les gisants de François de Pontbriand et son épouse Mathive Formier est lui-même recouvert d'une petite voûte sur croisée d'ogives en briquettes. Les nervures reposent sur des culots en forme d'anges portant phylactères. L'enfeu est précédé d'un arc en plein cintre bordé d'une corde nouée évoquant l'ordre mendiant de Saint-François. Sur le mur est, la baie est ornée d'un vitrail de Frédéric Lagrange, peintre verrier à Angoulême, représente le baptême du Christ. Des restes de peintures murales anciennes subsistent entre cette baie et le tombeau des gisants.
Une porte a été percée dans le mur occidental de ce bras de transept, reliant celui-ci au bas-côté nord. A l'origine existait une fenêtre voûtée en plein cintre dont seule une partie subsiste. Le sol est recouvert de tomettes en terre cuite. Une trappe donne accès à un canal bouché, probablement un ancien aqueduc. La salle ainsi formée contient des ossements humains provenant de la chapelle.
Il est possible de reconstituer deux phases de construction :
- la première est celle de la nef avec un transept nord et un transept sud, un bas côté au nord, avec des contreforts sur les murs nord et sud ; une fenêtre en plein cintre existe entre le bras nord du transept et le bas-côté.
- la seconde correspond à l'adjonction de l'enfeu dans le transept nord, à l'extrême fin du XVe ou au tout début du XVIe siècle. La fenêtre entre le transept et le bas-côté est remplacée par une porte avec une mouluration arrondie et chanfreinée du côté du bas-côté, et la fenêtre en cintre brisé au remplage flamboyant est mise en place.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : granite ; quartz ; grès ; gneiss
Matériau(x) de couverture : tuile creuse ; pierre en couverture
Parti de plan : plan en croix latine
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 vaisseau
Type et nature du couvrement : voûte en berceau
Parti d'élévation extérieure : élévation à travées
Type de la couverture : toit à longs pans
Technique du décor : peinture ; sculpture
Représentation : Arbre de Jessé ; vie du Christ ; Vierge ; Evangéliste ; chrisme ; symbole marial ; MA ; symbole des saisons ; symbole des éléments ; tête humaine ; chronogramme ; monogramme ; blé ; vigne ; balance ; étoile ; fleur de lys ; coeur ; IHS ; colombe ; balance
Précision sur la représentation : Le décor peint est étudié dans la base Palissy.
Inscription(s) portée(s) sur l'édifice : " 1820 LF FP " sur la porte de la chapelle ; " 1890 " sur un panneau marquant la fin des travaux.

Intérêt de l'oeuvre
Date(s) et nature de la protection MH : 1996/10/28 : inscrit MH
Précisions sur la protection : Chapelle, y compris son décor peint (cad. C 391) : inscription par arrêté du 28 octobre 1996.
Observations : Objets mobiliers protégés : enfeu classé OM 08 03 1941, Vierge de Pitié classée OM 13 09 1973.
Loading
Loading
Loading